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samedi, 05 juillet 2014

Les Stones en forme olympique

Les Stones en forme olympique

par Thierry Coljon le 29 juin 2014

 Il n’est pas loin de minuit 45 sur la plaine trempée de Werchter. Quatre hommes s’avancent, bras dessus bras dessous, saluent la foule à qui ils ont procuré deux heures quart de bonheur ininterrompu. Satisfaits du spectacle offert, ils ont tenu leur rang. À 67, 70 et 73 ans, ces quatre survivants qui ont marqué l’histoire de ces 50 dernières années ont perpétué le mythe sans le dévoyer. Messieurs les Rolling Stones , chapeau!

Le reste n’est que littérature même s’ils peuvent se montrer des rats quand ces mêmes seigneurs du rock empêchent les artistes qui les ont précédés, samedi dès 11 heures dans le cadre de ce TW Classic Festival, de fouler leur catwalk s’avançant dans la foule (ou du moins le golden circle à 150 euros le bracelet) en enlevant une partie du revêtement. Créant ainsi un trou infranchissable dans lequel Arno ou Jim Kerr des Simple Minds auraient très bien pu, dans le feu de l’action, s’abîmer.

La scène du festival, à part ça, sera la même pour tout le monde et il est loin le temps d’un Bridges To Babylone tentaculaire, des poupées gonflables et des scènes rivalisant avec U2 pour le titre de plus grande construction rock jamais montée. Cette fois, pour ce 14 On Fire européen, les Stones se contentent de trois gigantesques écrans. Si on ne peut pas dire que Mick n’a pas pris une ride, il n’a en tout cas pas pris un kilo. Dès «Jumpin’ Jack Flash» en ouverture, on retrouve le même homme filiforme, sautillant, dansant, gigotant. La foulée est moins grande qu’avant bien sûr quand il s’agit d’aller saluer les bords de scène mais pour le reste, cela relève bien du miracle médical. Notre frais arrière-grand-père est le Peter Pan du rock. Il chante comme jamais alors que Keith et Ronnie assurent à la gratte en maître (mais d’où a bien pu venir cette stupide rumeur de «doublage» ? Ces mecs ne trichent pas comme les écrans, en gros plans, peuvent nous le prouver).

 

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Rolling Stones / Mathieu Golinvaux

Ronnie et Charlie sont habillés en noir, jaune et rouge et ce n’est pas un hasard comme le rappelle Mick en lançant «Proficiat Rode Duivels», lisant sur son prompteur ses interventions approximatives en néerlandais qui le font rire autant que les spectateurs. Comme Keith quand, au moment de ses deux chansons traditionnelles, y va d’un «merci and all of that». Cela vaut bien le«les Ecossais ont inventé le foot et le rock» de Jim Kerr. Mais l’émotion, la vraie, sera souvent là au cours de cette belle nuit. Quand les Stones reprennent «Tumbling Dice» et «Wild Horses» et remplacent le titre choisi par les internautes – un différent dans chaque ville – par l’hommage attendu à Bobby Womack dont la photo apparaît sur grand écran et dont ils reprennent le fameux «It’a All Over Now» qui leur avait permis en 1964 de décrocher leur premier numéro un au hit-parade.

Autre grand moment (à part un très grand «Out Of Control»): l’arrivée de Mick Taylor qui les rejoint pour un «Midnight Rambler» blues en version longue. Le solo de celui qui, entre 1969 et 74, a tutoyé les sommets était à pleurer, pendant que Mick se lançait dans un ballet relevant de la gymnastique. «Gimme Shelter» avec une Lisa Fischer toujours aussi divine sera également un grand moment de joie. Avant le final par «Sympathy For The Devil» et «Brown Sugar». Aux rappels, un choeur emmène «You Can’t Always Get What You Want» dans les étoiles, alors qu’on retrouve Mick Taylor pour un «(I Can’t Get No Satisfaction» en guise de feu d’artifice. 

, Ladies & gentlement !

C‘était les Rolling Stones!

 

THIERRY COLJON

 

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Rolling Stones / Mathieu Golinvaux

 

 

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