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samedi, 12 juillet 2014

Diables de Rolling Stones

Diables de Rolling Stones

MARIE-ANNE GEORGES, La libre.BE

ROCK WERCHTER.  La tournée "14 on Fire" passait par Werchter, samedi soir. Tout feu tout flamme.

De dos, on lui donne 20 ans. De face, et pas trop près, la cinquantaine. Mick Jagger, malgré son look de jeune homme branché, a pourtant 70 balais. Comme ses comparses - surtout Keith Richards et Ron Wood -, il affiche un visage parcheminé où s’est écrite une des plus belles histoires du rock’n’roll. Qui ne serait rien sans Charlie Watts, moins marqué, et la surprise du jour, Mick Taylor. Samedi soir, la tournée intitulée "14 on Fire" faisait une halte en Belgique - 60 000 tickets très vite écoulés, le dernier concert des Stones remontant à 2007 - et celle-ci est considérée par les spécialistes comme l’ultime.

22h30, la nuit tombe sur la plaine de Werchter. La pluie s’est calmée, même si elle ne résistera pas, en fin de concert, à venir déposer quelques gouttes sur une des jolies chemises en soie de Mick. Trois écrans géants diffusent des images subliminales dans un rouge qui fait monter la tension. Et les frissons. Un seul "Jumpin’Jack Flash" plus tard et l’on sent qu’on tient là un groupe en toute grande forme - sans aucun décor barnumesque. Si la presse fait régulièrement écho de querelles intestines, la scène doit procurer assez de plaisir aux quatre Britanniques pour mettre leur ego entre parenthèses.

Physiquement, celui qui se démène le plus, sautillant et gesticulant à qui mieux mieux, c’est Mick, arpentant la scène d’un bout à l’autre, quand ce n’est pas pour fouler une avancée dans le public. Le Riff-Meister Keith Richards, le réputé impassible batteur Charlie Watts, le guitariste Ron Wood : chacun affiche un authentique sourire de contentement et un indéfectible plaisir de jouer. Tous ensemble, comme en solo, en duo ou en trio.

Epoustouflant Mick Taylor

 Parmi une setlist de dix-neuf morceaux dont nombre de tubes ("It’s only rock’n’roll", "Honky Tonk Women", "Miss You", "Start me up"…), on s’attardera sur l’incroyable "Midnight Rambler" à trois guitares. C’est sur ce morceau que Keith et Ron sont rejoints par un Mick Taylor (qui, à la mort de Brian Jones, fut des Stones entre 1969 et 1974) époustouflant. Ce même qui reviendra, en rappel, toujours aussi impérial, pousser de la guitare acoustique sur "(I can’t get no) Satisfaction". Comme Triggerfinger plus tôt dans la soirée (mais le groupe belge le fit sans aucune classe), les Rolling Stones rendront également hommage à Bobby Womack, remplaçant le titre normalement choisi par les internautes par un "It’s all over now" enregistré pour la première fois en 1964 par The Valentinos, groupe entièrement composé de membres de la famille Womack. On vibrera également sur "Out of Control" et là, c’est Mick qui se révélera souverain, voix impeccable soutenue par une sono étonnante. Un Mick qui ne manquera pas de pratiquer, régulièrement, la langue de Vondel, par prompteur interposé, avec en acmé un élégant "Proficiat aan the Rode Duivels".

 Nos quatre hommes ne sont pas seuls sur scène. À leurs côtés, la basse de Darryl Jones, les choristes Lisa Fischer et Bernard Fowler, les cuivres de Bobby Keys et Tim Ries sans parler des claviers de Chuck Leavell. Ils ont aussi convié, en rappel, la Dekoor Close Harmony d’Utrecht sur "You can always get what you want". Il y eut bien quelques temps morts ainsi qu’un passage solo dispensable de Keith Richards, mais au final, une prestation éclatante, à l’image du feu d’artifice de clôture.

 

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