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dimanche, 10 juillet 2011

Brian Setzer à Sète !

Pour ceux qui n’étaient pas là…

Sète (34) - Théâtre de la Mer, 5 juillet 2011

 

Brian Setzer

Washington Dead Cats

Guitar Wolf

 

Les Chats Egarés ont été retrouvés à Sète hier soir… et ça a fait du grabuge !

 

Officiellement, c’est Brian Setzer qui se produisait dans le plus beau théâtre de France, voire du monde (si, si, si… je pèse mes mots !) ce mardi 5 juillet dans la belle ville de Sète. Le Théâtre de la Mer, c’est… comment dire… le lieu paradisiaque par excellence pour assister à un spectacle quel qu’il soit. Il suffit d’une fois pour en tomber amoureux. Les artistes se produisent avec la belle bleue dans le dos, ce qui offre aux spectateurs un fond de scène on ne peut plus idyllique. Temps magnifique, un peu chaud (28° à 1h00 du matin tout de même) mais le Théâtre de la Mer présente aussi l’avantage d’être traversé par une agréable brise marine, salvatrice par grosse chaleur.

 

Le spectateur est accueilli à l’entrée du théâtre par une belle américaine d’époque 50’s, bien conservée… Je veux bien sûr parler d’une voiture, une Dodge pour être plus précis. Le ton est donné, la soirée sera vintage ou ne sera pas !

 

Vintage, le public l’est aussi… banane de rigueur pour les hommes (un coiffeur spécialisé œuvre à l’entrée du théâtre), robes rétro (mais diablement sexy !) à poids façon American Graffiti pour les dames… Les tatouages aussi sont de sortie, des plus discrets aux plus impressionnants, pour les dames comme pour les hommes.

 

Tout ceci donne une furieuse sensation de retour vers le futur, l’impression de se retrouver au cœur des 30 glorieuses à l’époque où le rock and roll était encore considéré comme une musique de sauvage réservée aux jeunes dépravés…

 

Parlons-en du rock and roll justement… Il est bien évidemment à l’honneur ce soir avec trois groupes à l’affiche. Tout d’abord, les Washington Dead Cats, combo parisien pratiquant un rockabilly décomplexé dans la lignée des grands maîtres du genre. Depuis le nom du groupe jusqu’à sa musique, l’influence des Stray Cats et de Setzer est ici complètement assumée. Les WDC ont fait le show et ont largement rempli leur mission de préchauffage du public… malgré une assistance un peu molle du genou, très peu réceptive aux invitations du chanteur à se bouger le popotin.

 

Second groupe de la soirée, les Guitar Wolf. Une autre paire de manche. Mon éducation m’impose de respecter tous les goûts présents dans la nature mais là… j’ai du mal à défendre cette formation originaire du pays du soleil levant. Les trois kamikazes qui composent le groupe pratiquent en effet un rock, ou en tout cas quelque chose qui pourrait y ressembler, bruitiste, confus et agressif. C’est effectivement une agression sonique que j’ai eu l’impression de subir pendant le set qui m’a paru durer une éternité…

Tout l’inverse du set suivant qui m’a paru durer 10 minutes alors qu’il en a duré 100. A 10h30 Brian Setzer apparaît sur la scène, Gretsch vert pomme en bandoulière, assortie à son costard, et accompagné d’un bassiste et d’un batteur tous deux pourvus de lunettes à la Buddy Holly.

 

Le show peut commencer. Et quel show !

 

Le son est excellent, les morceaux s’enchaînent à vive allure, les musiciens, au premier rang desquels Setzer, sont souriants et apparemment heureux d’être là… Un pianiste qui joue du piano debout vient renforcer la formation. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi…

 

Brian Setzer.jpg

 

Côté setlist, c’est du tout bon : il y a du Setzer solo, du Brian Setzer Orchestra et des reprises telles ce Folsom Prison Blues d’anthologie emprunté au Man In Black, Johnny Cash. Et les Stray Cats me direz-vous, sont-ils perdus pour l’éternité ? Que nenni !!!

 

A la surprise générale, après seulement quelques morceaux, batteur et bassiste s’éclipsent pour laisser place à deux remplaçants de marque… Mais peut-on parler de remplaçant à propos du grand Slim Jim Phantom, légendaire batteur originel des Stray Cats ? Le bassiste quant à lui, sous ses airs de jeune débutant, semble tout droit sorti d’un épisode d’Happy Days, avec sa banane, son pantalon ajusté, son gilet noir sur chemise blanche et son foulard noir… C’est parti pour une séquence 100% Stray Cats… les fans sont aux anges !

 

Un peu plus tard, la formation se retrouve au grand complet sur scène : 2 contrebassistes, 2 batteurs, le pianiste et Brian bien évidemment. Le groupe fait le show : battle de contrebasse, exercices d’équilibre sur les instruments… Non, les Forbans n’avaient rien inventé !!!

 

En rappel, c’est bien évidemment Rock This Town qui est offert par Setzer à son public, un rock endiablé originellement enregistré par les Stray Cats et repris façon Big Band par le Brian Setzer Orchestra en 1998 sur l’album du grand retour, The Dirty Boogie. Ce soir, les cuivres ne sont pas là mais les arrangements et l’incroyable présence des musiciens rendent superflue toute intervention supplémentaire.

 

Le show se termine sur un dernier morceau rock and roll à souhait, Setzer et ses acolytes quittent la scène manifestement satisfaits de leur prestation… et ils ont raison ! Le public est visiblement heureux, les bananes ne sont plus seulement sur les têtes, elles sont maintenant aussi sur les lèvres des spectateurs…

 

Tel un Alka Seltzer, l’ami Brian a mis tout le monde d’accord ce soir : le rock and roll à papa est toujours vivant et peut guérir tous les maux de la terre… il suffisait d’être au Théâtre de la Mer en ce 5 juillet 2011 pour en être convaincu.

Reportage d’elvisisalive relevé sur internet.