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dimanche, 30 septembre 2007

The Police fête ses retrouvailles au Stade de France

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Show . Le légendaire groupe de rock emmené par Sting poursuit sa tournée européenne et fait escale à Saint-Denis pour deux concerts exceptionnels.
Une fois encore, ce sont les « vieux » qui font l’événement. Après REM, U2, ou les Rolling Stones, c’est au tour de The Police de remplir le Stade de France où 160 000 personnes sont attendues ce week-end (1). Il faut dire qu’on n’avait pas vu le groupe sur scène depuis 1984, date à laquelle il s’est mis en congé sabbatique, les musiciens de The Police ne s’étant jamais officiellement séparés. Le groupe anglais a créé la surprise, cet hiver, en annonçant sa reformation, trente ans après ses débuts. Nostalgie d’une époque d’insouciance ? Que s’est-il passé dans les têtes de Gordon Summer, alias Sting (chant, guitare basse), de Stewart Copeland (batterie) et d’Andy Summers (guitare électrique) pour que des années après ils veuillent reprendre la route ? L’envie, peut-être, de faire revivre le répertoire d’un groupe légendaire qui connut son heure de gloire dans les années 1980.

Le tube le plus diffusé après Yesterday

Leur reformation est bien évidemment une affaire de gros sous, le prix des places se situant entre 60 et 100 euros. Depuis février 2007, où l’on a vu The Police en concert à Los Angeles, le groupe se produit de stade en stade, encaissant de substantielles royalties. Le voici en Europe, précédé d’une première partie assurée par Fiction Plane, le groupe du fils de Sting. Belle affaire de famille en vérité, qui ne saurait chagriner les fans, trop heureux de (re)découvrir le mythique The Police sur scène. Emmené par Sting, le trio est né sur les cendres de la révolution punk de 1977. Le groupe, qui dès ses débuts s’amusait à fusionner rock, pop et reggae, obtint un succès immédiat auprès d’un large public qui ne se reconnaissait plus dans la vague new wave.

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Fondé par Stewart Copeland, dont les dictionnaires de musique assurent qu’il est le digne fils d’un agent secret - étonnez-vous après cela que le groupe se soit baptisé The Police -, celui-ci fit rapidement appel à Sting, qui grattait ses premiers accords à la basse, ainsi qu’au Français, le guitariste Henry Padovani. Celui-ci ne resta que quelque temps et fut remplacé par Andy Summers, guitariste aguerri, qui avait déjà travaillé avec Neil Sedeka, Zoot Monney’s ou encore Eric Burdon and the Animals. Les trois musiciens n’étaient pas des mauvais garçons, bien au contraire. Ils étaient même du genre propre sur eux, défiant les codes de rébellion du rock par une attitude presque trop sage. Ce qui vaut aujourd’hui, à John Lydon, alias Johnny Rotten, le chanteur du groupe punk Sex Pistols, d’ironiser sur la reformation de The Police : « Ce sont de vieilles carcasses molles et mortes », assure-t-il. Groupe générationnel par excellence, le trio british a su fédérer des légions de jeunes grâce à ses mélodies à caractère universel. Entouré de ses potes, Sting, l’ancien instituteur de Newcastle, se découvrit alors des talents d’auteur-compositeur. C’est ainsi qu’en 1978 sortira un premier album Outlandos d’amour. Sting et sa voix aérienne, presque féminine, va définitivement s’imposer grâce au tube Roxanne, dont l’histoire évoque une prostituée parisienne. D’autres chansons suivront, tout aussi générationnelles comme Message In A Bottle, extrait de Regatta De Blanc, disque qui fit de The Police un groupe planétaire. Il y aura aussi Walking on the Moon, autre tube que la formation anglaise joue à chaque tournée mondiale, qui le mène de l’Inde au Mexique, en Égypte ou en Thaïlande. The Police séduit par ses compositions atmosphériques, légèrement frénétiques, répertoire planant rehaussé des célèbres morceaux onomatopées (Do, Do, Do, Da, Da, Da) de Sting.

Machine à tubes, The Police va atteindre des sommets avec Every Breath You Take, qui deviendra le single le plus diffusé par les radios après Yesterday des Beatles, extrait de l’album Synchronicity, classé plusieurs semaines d’affilée numéro 1 aux États-Unis. Victimes de leur succès, Sting, Stewart Copeland et Andy Summers vont commencer à s’essouffler, fatigués par leurs tournées mondiales. En 1984, leurs relations vont devenir de plus en plus tendues, perturbées par la volonté de Sting d’entreprendre une carrière en solo. Dix ans plus tard, un double album live de The Police sera édité, mais le coeur n’y est plus. La suite, on la connaît, avec notamment l’ascension de Sting seul. Après avoir connu les tournées triomphales, il collabora avec le gratin des rock stars, de Dire Straits à Eric Clapton.

Le plaisir des retrouvailles

Champion des rassemblements musicaux humanitaires, il sillonne la planète, évoquant la déforestation ou sa lutte en faveur des Indiens d’Amazonie. On se souvient ainsi de sa participation au concert Human Right Now ! en 1988 aux côtés de Tracy Chapman, Youssou n’Dour, Peter Gabriel ou encore Bruce Springsteen. Une période dont il semble aujourd’hui s’être lassé. D’où le retour à ses premières amours auquel on assiste aujourd’hui avec la reformation de The Police. Si l’on en juge par ses récents shows de la tournée européenne - reprise de leurs chansons les plus connues, décor relativement dépouillé -, il ne devrait pas y avoir de réelle surprise au Stade de France. Mais ne boudons pas notre plaisir, car seules comptent les retrouvailles d’un groupe entré dans l’histoire du rock et qui a fait rêver des millions de gens.

(1) Les 29 et 30 septembre
au Stade de France,
Saint-Denis. Renseignements,
tél. : 08 92 70 09 00.
Victor Hache

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